Contre une éducation soldée, fliquée, précarisée
Grève du 8 février 2007
Article mis en ligne le janvier 2007
dernière modification le 13 avril 2008

Allègre, en son temps, parlait de « dégraisser le mammouth ». Une grève massive a su le remettre dans le droit chemin : la porte de sortie ! Mais sa manie lui a survécu, les ministères qui l’ont suivi poursuivent la démolition du service public d’éducation. Nous n’avions jamais connu de régression aussi profonde que ces dernières années.

Pour la CNT éducation 34, il est temps de réagir ! Ll’heure n’est plus à des journées de grève isolées sans perspective mais à la construction d’un mouvement combatif pouvant inverser cette désastreuse tendance.

Dans nos établissements : réunissons nous en assemblée générale pour décider collectivement de la suite du mouvement.

L’ENSEMBLE DU SECTEUR DE L’EDUCATION, DU PRIMAIRE À L’UNIVERSITÉ, EST ATTAQUÉ

Le protocole de « direction d’école » a permis l’arrivée massive de personnels précaires : 50 000 EVS (Emploi Vie Scolaire) pour un contrat de 26h maximum à 700 euros de 6 à 24 mois ! Et sous prétexte « d’économiser des postes » le ministère n’hésitera pas à faire intervenir des étudiants de l’IUFM sans formation et ainsi surchargés de travail au détriment de leur formation.

De plus, avec le regroupement des écoles en EPEP, qui sera muni d’un conseil d’administration ainsi que d’une hiérarchie rigide, nous perdrons les prérogatives du conseil des maîtres ainsi que la direction collégiale de nos écoles permettant une gestion des établissments par ses usagers et travailleurs.

Du collège au lycée, tout est bon également « en haut » pour économiser des postes : suppression d’heures de labo, bivalence des enseignants non formés sur les matières concernées, remplacements internes, etc...

PRÉCARISATION À OUTRANCE ET ÉDUCATION AU RABAIS

Vacataires, contractuels, EVS, vie scolaire, CAV, CAE ATOS,... des statuts toujours plus différenciés pour mieux nous diviser, des conditions de travail et des salaires toujours plus dégradés.

Dans l’Hérault, déjà plus de 1400 personnes en CAV (contrat Avenir)- CAE (contrat d’accompagnement dans l’emploi), contrats limités à 26 heures par semaine pendant 24 mois maximum pour une paye de misère, et Sarkozy qui souhaiterait que l’on puisse travailler plus de 35 heures !!

Dans la région, des milliers de postes sont supprimés alors que la hausse démographique des personnes scolarisées est évidente. La situation de la vie scolaire est largement détériorée depuis la fin du MI -SE, la décentralisation des TOS se fait sentir : dégradation des conditions d’entretien des établissements...

D’ores et déjà, la CNT éducation 34 participe au collectif contre la précarité dans tous les secteurs de l’éducation (antiprecaires34@no-log.org) et nous vous appellons à rejoindre ce collectif.

UNIVERSITÉ, ANTICHAMBRE DU COMMERCE

Après la réforme LMD et l’introduction du système de crédit, le rapport Hetzel vient amplifier considérablement la présence des entreprises et la logique du Marché. Cette logique de « formation tout au long de vie » crée des individus obligés de courir du matin au soir pour prouver constamment leur valeur : stages sous, voire non rémunérés, frais d’inscriptions en hausse, intensification du rythme de vie de l’étudiant entre emploi précaire et études...

Alors que le problème du logement des étudiants est plus qu’évident à Montpellier, une vingtaine d’entre eux, sans logement, s’est vue expulser en toute illégalité du 5 rue de la Croix d’Or début janvier, immeuble squatté appartenant paradoxalement au CROUS (les Oeuvres « sociales » de l’université !), qui n’a pratiqué aucune négociation.

FLICAGES À TOUS LES ÉTAGES

Malheur à qui conteste, du primaire à l’université, usagers ou travailleurs sont poursuivis pour leurs activités et idées. Yassine, étudiant en 2nde année de psychologie à Montpellier, est menacé d’expulsion de l’université pour délit d’opinion.

La politique répressive s’étend dans l’éducation : caméras de videosurveillance, biométrie, présence policière, logiciel « base-élève » dans le primaire et SCONET dans le secondaire permettant un partage des données confidentielles sur les élèves avec les collectivités locales...

Bouc-émissaires, les familles sans-papiers ont reçu des « invitations » de quitter le territoire, traqués, on ne peut que se demander comment des enfants peuvent mener une scolarité normale dans ces conditions. A Montpellier, la CNT participe à la coordination des comités de soutiens des familles sans papiers qui s’organise, n’hésitez pas à les rejoindre (coordination-sans-papiers@no-log.org)

Services publics, protection sociale, tout ce qui ne rapporte rien en terme de profit doit disparaître !

Réducation accélérée des moyens, mépris des travailleurs et des usagers, précarisation et flexibilité accrue pour les salariés, la recette est la même mais la pilule reste amère.

Face à cette offensive, construisons l’unité de tous, primaire/ secondaire, précaires/ titulaires, dans la grève, massive et reconductible, pour faire reculer les ministères de la casse et de l’éducation.

OBTENONS :

➢ Le retrait du protocole de direction d’école, du stage filé et du projet de décret sur les EPEP

➢La titularisation sans condition de tous les personnels en contrat précaire dans l’Education Nationale et la fonction publique, ainsi que la revalorisation salariale pour tous les personnels.

➢Le maintien du dispositif ZEP.

➢ Le retrait total de la logique capitaliste de nos universités.

➢ Le retrait des dispositifs et lois sécuritaires : LSQ, LSI, fichage ADN, biométrie, vidéosurveillance...

➢ La régularisation des familles de nos élèves et de tous les sans-papiers.

TOUS ET TOUTES EN GRÈVE LE 8 FÉVRIER !!