Une tentative de typologie des mandats
Texte de réflexion sur les mandats visant àclarifier leurs utilisations et entamer un débat sur nos fonctionnements internes.
Article mis en ligne le juin 2007
dernière modification le 13 avril 2008

Les mandats

Dans notre pratique syndicale, il est très souvent question de mandatement. Tellement souvent que le terme même de mandat semble désigner des réalités parfois très éloignées. C’est pourquoi nous proposons une liste des différentes définitions que nous avons pu voir donner au mot mandat. Afin de s’y retrouver et de pouvoir discuter de manière précise nous proposons une typologie de ces différents mandats.Il ne s’agit en aucune façon de guider les pratiques des autres syndicats et remettre en cause leur autonomie, mais plutôt de créer un cadre de référence de manière à ce que chacun(e) sache où il en est. Au sein de notre syndicat le choix s’est porté sur les trois premières sortes de mandat en fonction des événements et de nos disponibilités.

Le mandat ferme (ou fermé)

Le syndicat ( ou le congrès, la fédération, l’union régionale...) s’est réuni en assemblée générale et a pris position de manière ferme sur un certain nombre de points, il mandate un(e) de ses syndiqué(e)s pour faire part de ses décisions dans une réunion (intersyndicale, collectif, congrès...) et travailler à la réalisation de ses objectifs. Le ou la mandaté(e) a alors une tache très claire à accomplir qui a été entièrement planifiée par l’AG du syndicat.

Avantages :le travail de la ou du mandaté(e) est grandement facilité, elle ou il n’a pas de souci à avoir quant à son respect des positions de son syndicat. Inconvénients :il n’y a pas de place pour la discussion, si tous les mandats étaient de ce type, nous n’aurions plus besoin de nous déplacer pour un congrès ou autre, il suffirait de voter par correspondance sur les motions.

Le mandat semi ouvert

Le syndicat s’est réuni en AG et a pris position, mais il laisse une marge de manoeuvre à sa ou son mandaté(e) afin de réagir aux discussions qui ont lieu dans la réunion où il ou elle est délégué(e). Le ou la mandaté(e) connait parfaitement la position de son syndicat qui lui a laissé une possibilité d’interprétation de ses positions.

Avantages : le syndicat se garde une possibilité de réagir aux échanges par la voix de son ou sa mandaté(e) Inconvénients :la ou le mandaté(e) doit être particulièrement vigilant(e) lors de la réunion afin de respecter scrupuleusement son mandat

Le mandat ouvert

Une AG du syndicat a eu lieu durant laquelle les membres se sont exprimés autour des sujets relevant du mandat, mais il n’y a pas eu de décisions fermes. Le ou la mandaté(e) doit alors faire des choix en essayant de respecter « l’esprit » du syndicat.

Avantages : le syndicat peut parfois gagner beaucoup de temps en évitant par exemple de discuter chaque motion pour la préparation d’un congrès et en les regroupant par thème afin d’avoir une discussion sur l’ensemble de celles-ci. Inconvénients :la tache de la ou du mandaté(e) peut devenir plus difficile car il n’est pas toujours aisé de traduire des prises de position générale en décisions précises.

Le mandat en blanc

Il n’y a pas eu de discussions au sein du syndicat et celui-ci fait entièrement confiance à son ou sa mandaté(e) pour le représenter et prendre des décisions. Avantages :le gain de temps est énorme et peut permettre à un syndicat de continuer à « fonctionner » lorsque celui-ci traverse une période difficile. Inconvénients : aucune discussion n’a lieu au sein du syndicat autour des points traités et donc pas d’auto-formation des syndiqué(e)s, de plus ils ou elles risquent fort de ne pas se sentir impliqué(e)s par ses prises de position. Il y a aussi toujours un risque que le ou la délégué(e) ne représente que lui.

Enfin, pour permettre aux différentes réunions (UR, UD, CCN, congrès...), dans lesquels nous mandatons des délégué(e)s, de se dérouler dans un climat de travail serein, nous reprécisons que les délégué(e)s sont porteur de la parole de leur syndicat. Il est donc inutile et nuisible de les invectiver, menacer ou railler lorsque leurs prises de position ne nous conviennent pas (ce ne sont pas forcément les leurs). En conclusion, nous tenons à rappeler que pour nous, et quelques soient les mandats qui sont donnés, il ne peut y avoir de contrôle des mandats et donc de démocratie directe dans notre confédération sans que soit appliquée à tous les niveaux (union locale, union régionale, congrès fédérale, CCN, congrès confédérale...) l’identification des votes.