Sans aucun doute, le bilan de la semaine écoulée atteste de l’amplification de la lutte
contre la loi travail. L’heure est en effet à la reconduction des grèves dans de nombreux
secteurs d’activité : routiers, dockers, raffineries, centrales nucléaires, aéroports, services
publics, universités... dynamique qui continuera à s’amplifier dans les prochains jours avec le
début de la grève illimitée à la SNCF et à la RATP notamment. Les occupations et les actions de
blocage économique se multiplient avec un seul et unique objectif : amplifier le rapport de
force avec un gouvernement qui n’agit qu’au profit du patronat. Le bilan des manifestations de
ce jeudi 26 avril confirme quant à lui que le mouvement social ne faiblit pas, bien au contraire,
déterminé à obtenir le retrait d’un projet de loi contesté par la majorité de la population.
Dans le même temps, le gouvernement s’entête à poursuivre une politique minoritaire. Alors
que Manuel Valls, Premier Ministre, qualifiait cette semaine l’action syndicale et la grève de
« dérive » des syndicats, assumant ainsi totalement le déni de démocratie du gouvernement,
la CNT réaffirme que le blocage économique, l’occupation des usines et la grève générale ne
sont que les actions légitimes des travailleur.euses qui par la lutte on fait le choix courageux de
se battre pour les droits et la condition de toutes et tous. Face à ce gouvernement qui
souhaite nous imposer un retour aux rapports sociaux du XIXème siècle, le
durcissement de la lutte semble être le seul langage qui parle au capital : c’est le 49-
3 des syndicats !
Par ailleurs, alors que le gouvernement use depuis le début du mouvement d’une répression
sans précédent (violences policières, arrestations préventives, interdiction de manifester,
condamnation de syndicalistes, charge de cortèges manifestants, saccage de locaux
syndicaux...) la CNT dénonce l’orchestration et l’instrumentalisation de la violence par
l’Etat dans le but de criminaliser les luttes : ne nous y trompons pas, les vrais
casseurs sont bien ceux qui cassent méthodiquement les acquis sociaux, le droit du
travail, et l’ensemble de la protection sociale. A ce titre la CNT exige l’arrêt de toutes les
poursuites judiciaires ainsi que la libération des condamné.e.s au titre de leur participation au
mouvement social.
La CNT appelle l’ensemble des travailleur.euses, chômeur.euse.s ou précaires, actifs.ves ou
retraité.e.s, étudiant.e.s et lycéen.ne.s, à amplifier la dynamique actuelle jusqu’à la
victoire du mouvement social. Elle appelle l’ensemble des salarié.e.s du privé comme du
public à organiser sans plus attendre des assemblées générales afin de voter
souverainement la grève dans les secteurs d’activité qui ne sont pas encore
mobilisés. Elle appelle également l’ensemble des structures syndicales à prendre
leurs responsabilités et à appeler sans plus aucun détour à la grève générale
illimitée.
La CNT soutient l’ensemble des actions mises en œuvre quotidiennement sur le
terrain (blocages, occupations, rassemblements et manifestations) contre la loi travail et
invite toutes et tous à multiplier les initiatives.
Le 14 juin, la CNT soutiendra l’ensemble des initiatives prises à la base par ses
syndicats, qu’il s’agisse d’une participation à la manifestation nationale à Paris ou
d’événements dans les localités.
LA CNT
Communiqué du 30 mai 2016