Suite à la publication sur internet de votre article intitulé « Montpellier : des incidents éclatent entre
manifestants et policiers dans l’Ecusson » l’AG contre la loi travail/Nuit debout demande un droit de
réponse.
Nous souhaitons rectifier les propos tenus par votre rédaction sur la soirée du 10 mai. Nous
contestons cette version des faits que nous qualifions de mensongère. De toutes évidences aucun
des trois journalistes réunis pour cosigner les trois paragraphes de cet article n’étaient présents lors
de cette manifestation.
Le 10 mai le gouvernement annonçait l’utilisation de l’article 49.3 de la constitution pour contraindre
l’Assemblée à adopter le projet de loi El-Khromri. Les opposants à cette loi se rassemblèrent vers 19h
devant la préfecture. Spontanément un cortège se forma pour manifester dans les rues de la ville.
Dès lors votre récit du déroulement de cette manifestation est fallacieux. Ainsi vous écrivez que des
poubelles ont été brulées « du côté de la gare », ce qui est totalement faux. Alors que les
manifestants se dirigeaient vers la gare par la rue d’Alger en scandant des slogans et sans la moindre
dégradation, la tête du cortège pressa le pas, un équipage de police à bord d’une voiture manœuvra
précipitamment et manqua d’écraser un manifestant. Les individus à proximité réagirent en frappant
de la paume de la main contre la taule de la voiture-bélier. Les policiers prirent peur et le cortège
essuya immédiatement des tirs de gaz lacrymogènes et de flashball sans raison, l’épaisse fumée des
gaz finit par formée un véritable barrage et les manifestants se regroupèrent rue Durand, ils
passèrent devant la gare et remontèrent vers la préfecture. C’est en redescendant par la rue du Pila
St Gély qu’eut lieu la deuxième provocation policière, cette fois à l’arrière du cortège. La police
procéda à une interpellation alors que les manifestants se contentaient toujours de reprendre des
slogans sans aucun jet de projectile ni détériorations. Quelques secondes après la police tirait de
nouveau des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes mais cette fois à hauteur de visage si
bien qu’un manifestant fut largement brulé sur une joue par un tir. Mais les manifestants gardèrent
leur sang-froid et reformèrent une nouvelle fois le cortège renvoyant quelques grenades au policiers
mais sans plus répliquer aux agressions des forces de l’ordre. Ils repassèrent par le centre-ville et
s’arrêtèrent devant la permanence de la député socialiste rue André Michel où effectivement ici et
pour la première fois une poubelle a été brulée puis ils finirent par se séparer dans Figuerolles.
Il n’y a pas eu d’affrontement à proprement parler et la poignée de projectiles qui ont été lancés par
les manifestants correspondaient aux grenades qu’ils venaient de recevoir. De plus aucune voiture de
police n’a été « caillassée ». Il a fallu beaucoup de contrôle de la part des manifestants pour ne pas
rentrer dans la confrontation que cherchaient les forces de l’ordre. Cette façon de travestir la réalité
relève de la diffamation. Elle a clairement pour but de présenter les manifestants comme violents et
tente de légitimer l’utilisation excessive de la force par la police, ainsi que la répression abusive du
mouvement social. Cette soirée de mobilisation se serait déroulée sans le moindre incident s’il n’y
avait pas eu ces provocations policières auxquelles les manifestants n’ont pas répondu.